Module 3
L’écologie en aménagement du territoire

3.1 La conservation de la biodiversité

La conservation de la biodiversité est un enjeu fort important en aménagement du territoire, puisque les activités humaines modifient les écosystèmes et tendent à réduire et à fragmenter les habitats naturels où se concentre la biodiversité. L’aménagement durable des territoires appelle à une meilleure protection des milieux naturels et à la mise en place de pratiques qui réduisent les effets négatifs sur la biodiversité. La présente section discute de l’aménagement du territoire pour la conservation de la biodiversité. Celle-ci est divisée en trois sous-sections. La première sous-section (3.1.1) est consacrée aux aires protégées, puisque celles-ci jouent un rôle significatif pour la conservation de la biodiversité. Vous apprendrez quelles sont les catégories d’aires protégées et les statuts de protection des milieux naturels au Québec, au Canada et à l’international. La deuxième sous-section (3.1.2) présente le cadre écologique de référence du Québec (CERQ). Le CERQ est un outil de cartographie et de classification écologique du territoire qui sert, entre autres, à la planification du réseau d’aires protégées au Québec. Finalement, la dernière sous-section (3.1.3) discute de la conservation de la biodiversité des paysages humanisés, c’est-à-dire des territoires habités où les activités humaines, au fil du temps, se sont fondues avec les composantes naturelles.

3.1.1 Les aires protégées  

Les aires protégées ont comme fonction principale la conservation de la biodiversité sur les territoires. Depuis 2008, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) définit une aire protégée comme « un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés » [1].

Au Québec, le gouvernement s’est doté en 2002 de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel (LCPN). Cette loi a pour objectif la conservation de la diversité et de l’intégrité du patrimoine naturel sur le territoire québécois. Cette loi définit une aire protégée comme : « un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimitée, dont l’encadrement juridique et l’administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées » [2].

La LCPN exige aussi que le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs tienne un registre d’aires protégées. Ce registre permet au gouvernement, entre autres, de démontrer que son réseau d’aires protégées est conforme aux ententes internationales, dont la Convention sur la biodiversité biologique.

Commentaires

En date de mars 2024, le réseau québécois d’aires protégées couvrait une superficie de 274 431 km2 [3] (vous pouvez consulter la carte des aires protégées en version PDF [4] et sur cette carte interactive). Bien que le Québec se félicite d’avoir atteint l’objectif de protéger plus de 12 % de son territoire, de nombreuses critiques soulèvent le manque d’aires protégées dans le sud du Québec – région plus riche en biodiversité et sujette à de plus fortes pressions anthropiques [5, 6]. En 2024, le gourvenement a lancé un appel à projet d’aires protégées en territoire public dans le sud du Québec afin d’atteindre la cible de conservation de 30 % du territoire québécois d’ici 2030. Il sera intéressant de suivre l’évolution de cette initiative [7].

En quoi consiste donc une aire protégée? Quelle portion de territoire peut obtenir la désignation d’aire protégée? Sur quels principes repose cette désignation? Quelles sont les différentes catégories d’aires protégées? Quels sont les différents statuts de protection des milieux naturels au Québec? Nous répondrons à ces questions par la lecture de deux textes. Dans un premier temps, vous lirez une section du guide Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion aux aires protégées, rédigé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en 2008 [1]. Dans un deuxième temps, vous lirez le chapitre « Le statut du paysage humanisé » de Courcier et Domon [8], tiré du livre Le paysage humanisé au Québec (2009). Gérald Domon, l’éditeur de cet ouvrage, est professeur à la Faculté d’aménagement de l’Université de Montréal. Figure marquante de l’aménagement du territoire au Québec, il se spécialise dans l’écologie du paysage et en aménagement des territoires ruraux.

Objectifs

À la fin de cette sous-section, vous serez en mesure de :

  • donner la définition d’une aire protégée selon l’IUCN et selon le gouvernement québécois;
  • décrire les six catégories d’aires protégées de l’IUCN;
  • décrire les principes sur lesquels repose la catégorisation adoptée par l’IUCN;
  • décrire les cinq éléments que doit posséder un système d’aires protégées;
  • décrire le statut de protection des milieux naturels relevant des organismes gouvernementaux;
  • décrire le statut de protection des milieux naturels relevant du gouvernement canadien;
  • décrire le statut de protection des milieux naturels relevant du gouvernement québécois;
  • comprendre comment se situe les paysages humanisés parmi les différents statuts et catégories d’aires protégées.
3.1.1.1 Définition et catégories d’aires protégées

Nous allons consulter la documentation de l’UICN pour définir les aires protégées, les principes sur lesquels elles reposent et leurs catégories. L’UICN est une association internationale qui regroupe des États, des organismes publics et de nombreuses organisations non gouvernementales et dont la mission est « d’influer sur les sociétés du monde entier, de les encourager et de les aider pour qu’elles conservent l’intégrité et la diversité de la nature et veillent à ce que toute utilisation des ressources naturelles soit équitable et écologiquement durable » [1]. La Commission mondiale des aires protégées (CMAP) est une des six commissions administrées par l’UICN. Elle a comme mandat la promotion de l’établissement d’un réseau mondial d’aires protégées qui soit représentatif des écosystèmes terrestres et marins de la planète.

Lecture

Lisez maintenant les pages 9 à 17 du guide Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion aux aires protégées (2008) [1]. Ces pages forment le début du chapitre 2 s’intitulant « Définitions et catégories ».

Questions de lecture

Pour vérifier votre compréhension des éléments étudiés dans cette lecture, répondez aux questions suivantes. Les trois tests de ce cours comporteront des questions semblables à celles qui sont posées à chaque lecture. Rédiger vos réponses, en plus de vous aider à bien assimiler le contenu de la lecture, vous préparera aux trois tests notés.

  1. Quelle est la signification du terme « services écosystémiques » donnée par l’UICN dans l’explication de sa définition d’aire protégée?

    [Réponse à la page 11, dernière rangée du tableau 1]

  2. Selon l’UICN, quels sont les principes d’application de la définition d’aires protégées?

    [Réponse à la page 12]

  3. Quels sont les cinq éléments qui caractérisent un système d’aires protégées pour l’UICN?

    [Réponse à la page 13]

  4. Quels sont les objectifs communs à toutes les catégories d’aires protégées?

    [Réponse à la page 15]

  5. Expliquez en quoi consiste la catégorie 1a d’aires protégées (réserve naturelle intégrale).

    [Réponse à la page 16]

  6. Définissez les six autres catégories d’aires protégées.

    [Réponse à la page 17]

3.1.1.2 Statuts de protection des milieux naturels au Québec

Nous allons lire le chapitre « Le statut du paysage humanisé », de Courcier et Domon [8], tiré du livre Le paysage humanisé au Québec (2009). Ce chapitre explore la reconnaissance du paysage humanisé à titre de catégories d’aires protégées. Se faisant, le chapitre fait une synthèse des statuts de protection des milieux naturels à l’international, au canada, et au Québec.

Lecture

Lisez maintenant « Le statut du paysage humanisé » de Courcier et Domon, paru au chapitre 1 du livre Le paysage humanisé au Québec en 2009 [8].

Questions de lecture

Pour vérifier votre compréhension des éléments étudiés dans cette lecture, répondez aux questions suivantes :

  1. Selon les auteurs, quelles sont les origines de la mise en place du statut du paysage humanisé comme catégorie d’aires protégées dans la LCPN?

    [Réponse à la page 21, paragraphe 1]

  2. Selon les auteurs, quels sont les facteurs qui expliquent la transition entre une protection visant uniquement les espaces naturels et une protection incluant aussi les paysages habités?

    [Réponse à la page 23, milieu du paragraphe 2]

  3. Comment la catégorie V d’aires protégées de l’UICN se démarque-t-elle des autres catégories?

    [Réponse à la page 26, paragraphe 2]

  4. Quels sont les arguments des personnes qui critiquent la catégorie V?

    [Réponse à la page 27, paragraphe 3, et à la page 29, paragraphe 1]

  5. Quels sont les statuts de protection relevant du gouvernement canadien qui ont, selon les auteurs, une dimension visant les interactions nature-culture?

    [Réponse au tableau 1.4, page 34]

  6. Qu’est-ce qu’un arrondissement naturel? Quelles sont les dimensions visées, selon les auteurs, par ce statut?

    [Réponse au tableau 1.5, page 38, première rangée]

  7. Qu’est-il interdit de faire dans un habitat d’une espèce floristique menacée ou vulnérable? À quelle catégorie d’aires protégées de l’IUCN correspond ce type d’habitat?

    [Réponse au tableau 1.5, page 39, dernière rangée]

  8. Quel est l’objectif prioritaire d’un parc national?

    [Réponse au tableau 1.5, page 42, première rangée]

  9. Qu’est-ce qu’une réserve de biodiversité? Quelles sont les dimensions visées, selon les auteurs, par une telle réserve?

    [Réponse au tableau 1.5, page 43, dernière rangée]

Références bibliographiques

1. Dudley, N. (2008). Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion aux aires protégées. Gland (Suisse) : UICN.

2. Lois et règlements du Québec. Loi sur la conservation du patrimoine naturel (chapitre C-61.01).

3. Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Registre des aires protégées au Québec. Repéré le 10 septembre 2024 à https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/aires_protegees/registre/index.htm

4. Direction des aires protégées. (2024). Les aires protégées au Québec : un héritage pour la vie. Gouvernement du Québec.

5. Auzel et al. Un Plan Sud pour le Québec: Livre blanc pour la protection de la biodiversité au sud du 49e parallèle. Repéré le 10 septembre 2024 à https://livreblanc.ca/

6. Biodiversité Québec. Aires protégées. Repéré le 10 septembre 2024 à https://biodiversite-quebec.ca/indicateurs/aires_protegees

7. Lancement de l’appel à projets d’aires protégées en territoire public dans le sud du Québec. Repéré le 10 septembre 2024 à https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/lancement-de-lappel-a-projets-daires-protegees-en-territoire-public-dans-le-sud-du-quebec-56397

8. Courcier, S. et Domon, G. (2009). Chapitre 1 : Le statut du paysage humanisé au Québec. Dans G. Domon (dir.), Le paysage humanisé au Québec : nouveau statut, nouveau paradigme. Montréal : Presses de l’Université de Montréal.

3.1.2 Le cadre écologique de référence  

L’organisation spatiale des activités humaines sur le territoire est nécessairement liée à la distribution de ses caractéristiques physiques et biologiques. Ainsi, la planification de cette organisation doit se baser sur une connaissance approfondie des caractéristiques du territoire. Le cadre écologique de référence est un outil de cartographie et de classification écologique du territoire mis en place au Québec dans les années 1970 [1; 2]. Il est basé sur la composition du terrain et du réseau hydrographique. Cet instrument descriptif sert d’outil d’aide à la décision pour les planificateurs, car il permet de délimiter sur le territoire les potentiels et les contraintes pour l’établissement et le maintien de différents usages [3]. En particulier, l’élaboration d’aires protégées sur le territoire s’appuie sur le cadre écologique de référence.

Pour bien comprendre en quoi consiste le cadre écologique de référence du Québec (CERQ), les principes écologiques sur lesquels il repose ainsi que son utilisation, vous réaliserez deux lectures. Vous lirez d’abord la fiche explicative Le cadre écologique de référence du Québec : définition, concepts et principes [4] préparée par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Ensuite, vous lirez une étude de cas réalisée par Ducruc et Côté (2014) [5], qui utilise le CERQ pour comprendre l’organisation du territoire de la MRC des Maskoutains.

Objectifs de lecture

À la fin de ces lectures, vous serez en mesure de :

  • définir le cadre écologique de référence;
  • décrire l’approche holistique de description d’un territoire;
  • décrire l’approche écosystémique de description d’un territoire;
  • décrire les six principes qui sous-tendent le cadre écologique de référence;
  • reconnaître l’utilité du CERQ pour comprendre et connaître l’organisation du paysage.
3.1.2.1 Définition, concepts et principes du CERQ

Pour définir le CERQ, ses concepts et ses principes, nous commençons par la lecture d’un document du MELCCFP faisant une brève présentation du CERQ.

Lecture

Lisez maintenant le document Le cadre écologique de référence du Québec : définition, concepts et principes, du MELCCFP [4]. De plus, explorez la carte illustrant les niveaux I et II du CERQ [6] ainsi que la carte interactive du CERQ.

Questions de lecture

Pour vérifier votre compréhension de la lecture précédente, répondez aux questions suivantes. En rédigeant vos réponses, vous vous préparerez aux tests notés.

  1. Expliquez en quoi consiste l’approche holistique. Pourquoi y a-t-on recours dans l’élaboration du CERQ?

    [Réponse à la page 6, et à la page 5, à gauche]

  2. Expliquez en quoi consiste l’approche écosystémique. Pourquoi y a-t-on recours dans l’élaboration du CERQ?

    [Réponse à la page 7, et à la page 5, à droite]

  3. À quoi sert l’identification des structures spatiales dans l’élaboration du CERQ?

    [Réponse à la page 10]

  4. Pourquoi le CERQ s’appuie-t-il sur les éléments physiques de l’écosystème pour cartographier les formes de terrain et les structures spatiales?

    [Réponse à la page 11]

  5. Quels sont les sept niveaux de perception cartographiés dans le CERQ et quelles sont les variables prépondérantes correspondantes?

    [Réponse à la page 12]

Documentation supplémentaire

Vous avez appris, au cours de la lecture précédente, que le premier niveau de perception du CERQ est celui de la province naturelle. Il existe 15 provinces naturelles au Québec ainsi que 5 provinces naturelles limitrophes. La fiche d’information « Les provinces naturelles : première fenêtre sur l’écologie du Québec » [7], préparée par le ministère et disponible sur son site Web, résume les caractéristiques principales de chacune des 15 provinces naturelles.

Le Ministère a aussi produit un cadre de référence hydrologique (CRHQ) pour accompagner les décideurs dans les problématiques de gestion de l’eau. Cet outil indique le sens d’écoulement de l’eau. La fiche d’information « Cadre de référence hydrologique du Québec : un nouvel outil » explique les caractéristiques principales de cet outil. Vous pouvez également consulter la carte interactive du CRHQ.

Le découpage du territoire en régions écologiques n’est pas particulier au Québec. À l’échelle canadienne, le cadre écologique national découpe le territoire en écozones, elles-mêmes divisées en écorégions. Vous trouverez ici la carte des écozones et des écorégions terrestres de 1995 (15 et 194 respectivement) publiée par le gouvernement canadien [8], ainsi qu’une mise à jour effectuée en 2014 [9] par le Conseil Canadien des Aires Écologiques.

De même, le continent nord-américain est découpé en 15 régions écologiques. Vous trouverez ici la carte produite par la Commission de coopération environnementale (CCE)[10]. La CCE est un organisme créé en 1994 suivant l’Accord de libre-échange nord-américain et dont la mission est de voir aux problématiques environnementales à l’échelle de cette région.

3.1.2.2 Application du CERQ

Nous allons maintenant lire une étude de cas qui démontre comment le CERQ permet de caractériser le territoire de la MRC des Maskoutains. Cette étude de cas, réalisée par Ducruc et Côté, est publié dans l’ouvrage  Agriculture et paysage : aménager autrement les territoires ruraux, édité par Domon et Ruiz (2014) [5].

Lecture

Lisez l’étude de cas « Le cadre écologique de référence, outil de caractérisation des paysages », de Ducruc et Côté (2014) [5].

Questions de lecture

Pour vérifier votre compréhension des éléments étudiés dans cette étude de cas, répondez aux questions suivantes.

  1. Quelles sont les deux raisons soulevées par les auteurs pour expliquer l’intérêt que présente le CERQ pour connaître et comprendre l’organisation du paysage?

    [Réponse à la page 8, premier paragraphe]

  2. Quels dépôts de surface caractérisent le territoire de la MRC des Maskoutains de part et d’autre de la ligne de Logan?

    [Réponse à la page 2, premier paragraphe]

  3. Quelles sont les cinq grandes classes qui regroupent les 17 unités écologiques du niveau 5 du cadre écologique de référence sur le territoire de la MRC des Maskoutains?

    [Réponse à la page 4, deuxième paragraphe]

  4. Les plaines d’argile sont propices à quels types de culture?

    [Réponse à la page 5, premier paragraphe]

  5. Quelle classe présente un drainage déficient?

    [Réponse à la page 5, deuxième paragraphe]

  6. Quelle classe sied plus difficilement à l’agriculture?

    [Réponse à la page 6, troisième paragraphe]

Références bibliographiques

1. Jurdant, M., Bélair, J. L., Gerardin, V. et Ducruc, J. P. (1977). L’inventaire du capital-nature : méthode de classification et de cartographie écologique du terrritoire (Série de la classification écologique du territoire). Ottawa : Environnement Canada.

2. Gerardin, V. et Ducruc, J. P. (1979). L’inventaire du capital-nature : un outil québécois d’aménagement intégré du territoire et de gestion des ressources. Revue forestière française, Numéro spécial (XXXI), 224-233.

3. Domon, G. (2009). Chapitre 4 : Le diagnostic paysager. Dans G. Domon (dir.), Le paysage humanisé au Québec : nouveau statut, nouveau paradigme. Montréal : Presses de l’Université de Montréal.

4. Ministère du Développement de l’Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Le cadre écologique de référence au Québec : définition, concepts et principes. Repéré le 11 septembre 2024 à https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/cadre-ecologique

5. Ducruc, J. P. et Côté, M.-J. (2014). Étude de cas 2 : Le cadre écologique de référence, outil de caractérisation des paysages. Dans J. Ruiz et G. Domon (dir.), Agriculture et paysage : aménager autrement les territoires ruraux (p. 275-282). Montréal : Presses de l’Université de Montréal.

6. Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, direction de la connaissance écologique. Les provinces et les régions naturelles du Québec – Niveaux I et II du Cadre écologique de référence du Québec (CERQ).

7. Li, T., J.-P. Ducruc, M.-J. Côté, D. Bellavance et F. Poisson, 2019. Les provinces naturelles : première fenêtre sur l’écologie du Québec. Québec, ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de la connaissance écologique, 24 p.

8. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Système d’information sur les sols du Canada (Cartographe). (1999). Écozones et écorégions terrestres du Canada, 1995. Repéré à https://sis.agr.gc.ca/siscan/publications/manuals/1996/index.html

9. Conseil Canadien des Aires Écologiques (Cartographe). (2014). Écozones du Canada. Repéré à https://www.canadiangeographic.com/educational_products/activities/
canada_nrcan_floormap/6-Teacher_Ecozone_Map_Card.pdf

10. Commission de coopération environnementale (Cartographe). (2012). North American Environmental Atlas – Level II Terrestrial Ecoregions, 2006. Repéré à https://www.cec.org/fr/tools-and-resources/atlas-environnemental-de-l%27amerique-du-nord/fichiers-cartographiques

3.1.3 La biodiversité des paysages humanisés  

La présente sous-section porte sur la biodiversité des paysages humanisés. Ces paysages occupés par l’homme abritent une biodiversité qui a su se maintenir au fil des siècles en coévoluant avec les activités humaines. Cependant, cette biodiversité, dite anthropique, subit aussi les contrecoups de l’intensification des pratiques d’exploitation et d’occupation du territoire par l’homme, et sa protection est devenue une préoccupation grandissante tant au Québec qu’à l’international. Il est donc important de comprendre quelle est la contribution de ces paysages humanisés à la biodiversité de la planète et de connaître quelles sont les mesures et les méthodes qui permettent de conserver cette biodiversité anthropique. À cette fin, vous serez invité à lire le chapitre « La biodiversité des paysages humanisés », de Rheault et Domon, tiré du livre Le paysage humanisé au Québec (2009) [1].

Objectifs de lecture

À la fin de votre lecture, vous serez en mesure de :

  • reconnaître les activités humaines qui ont favorisé la création d’une diversité anthropique;
  • comprendre en quoi la biodiversité anthropique contribue à la biodiversité de la planète;
  • expliquer pourquoi les paysages humanisés qui abritent la biodiversité anthropique méritent d’être conservés;
  • donner des exemples d’initiatives internationales visant à maintenir la biodiversité anthropique;
  • expliquer les enjeux québécois de conservation de la biodiversité anthropique dans les pratiques liées à l’agriculture, à l’hydroélectricité et à la foresterie;
  • donner des exemples de pratiques permettant de conserver la biodiversité naturelle résiduelle qui sont appliquées au Québec ou qui pourraient l’être;
  • expliquer l’importance de préserver un gradient d’écosystèmes influencés par l’homme;
  • définir les trois critères de conservation de la biodiversité à prioriser : la représentativité, l’exceptionnalité et la vulnérabilité;
  • expliquer comment ces critères s’appliquent à la conservation de la biodiversité anthropique;
  • définir les approches par filtre brut, filtre moyen et filtre fin, utilisées pour atteindre les objectifs Grade protection de la biodiversité;
  • expliquer l’approche à prioriser pour atteindre les objectifs de protection de la biodiversité anthropique;
  • définir les indicateurs structuraux de biodiversité;
  • comprendre la démarche proposée par les auteurs pour déterminer les enjeux de biodiversité dans un paysage humanisé spécifique.

Lecture

Lisez maintenant « La biodiversité des paysages humanisés », de Rheault et Domon, paru au chapitre 2 du livre Le paysage humanisé au Québec (2009) [1]. Vous pouvez toujours consulter la fiche-conseil sur la lecture active pour faciliter cette activité de lecture.

Questions

Pour vérifier votre compréhension de la lecture précédente, répondez aux questions suivantes. En rédigeant vos réponses, vous vous préparerez aux tests notés.

  1. De quelles façons les paysages humanisés contribuent-ils à la biodiversité?

    [Réponse à la page 61, paragraphe 2]

  2. Donnez des exemples d’initiatives internationales visant à maintenir la biodiversité anthropique.

    [Réponses de la page 62, paragraphe 3, jusqu’à la page 64, paragraphe 3]

  3. Quelle est la contribution des fermes laitières traditionnelles du Québec à la conservation de la biodiversité anthropique?

    [Réponse à la page 65, paragraphe 2]

  4. Expliquez pourquoi la contribution écologique des érablières exploitées pour la production du sirop d’érable n’est pas évidente bien que l’acériculture soit une pratique traditionnelle au Québec depuis près de deux siècles.

    [Réponse à la page 68, premier paragraphe]

  5. Comment les barrages hydroélectriques au Québec ont-ils contribué à la création d’habitats favorisant une biodiversité anthropique d’intérêt?

    [Réponse à la page 69, paragraphe 2]

  6. Donnez des exemples de pratiques permettant de conserver la biodiversité naturelle résiduelle et qui sont appliquées au Québec, ou qui pourraient l’être.

    [Réponse à la page 70, paragraphe 2]

  7. Pourquoi est-il important, selon les auteurs, de préserver un gradient d’écosystèmes influencés par l’homme?

    [Réponse à la page 73, dernier paragraphe, et page 74, premier paragraphe]

  8. Pourquoi le critère de vulnérabilité devrait être priorisé pour la conservation de la biodiversité anthropique au Québec?

    [Réponse à la page 75, paragraphe 2]

  9. Pourquoi l’atteinte des objectifs de conservation de la biodiversité des paysages humanisés au Québec devrait-elle passer par l’approche de filtre moyen?

    [Réponse à la page 79, paragraphe 2]

  10. En quoi les indicateurs structuraux de biodiversité sont-ils appropriés pour évaluer l’atteinte des objectifs de conservation de la biodiversité anthropique?

    [Réponse à la page 80, paragraphe 2]

  11. Expliquez les étapes de la démarche permettant de déterminer les enjeux de biodiversité sur un paysage humanisé visé.

    [Réponse à la page 82, figure 2.1 et premier paragraphe]

Référence bibliographique

1. Rheault, H. et Domon, G. (2009). Chapitre 2 : La biodiversité des paysages humanisés. Dans G. Domon (dir.), Le paysage humanisé au Québec : nouveau statut, nouveau paradigme (p. 59-91). Montréal : Presses de l’Université de Montréal.